Poèmes de Fernand Ouellette
Présence
Puissante la lumière mange
l’air du proche horizon,
anime l’érable comme un vitrail
bien nuancé de vert.
L’œil s’exalte, quand
s’accroît l’illumination de ce qui respire.
(La terre est pourtant profonde,
pour les morts
délaissés dans leur croissance.)
Ce matin, pareil à une masse,
rampait le soleil affaibli des jours désolés,
comme s’il buvait un peu à la vasque
du monde :
vaine magnificence, sursaut de célébration,
avant la roue des saisons,
et le silence au ras du sol.

Fernand Ouellette

Ma tristesse

Ma tristesse s’abandonne
à la mer, comme une barque
revient de la mort,
bellement nue
après le voyage.
Comment s’arracher de l’infini
qui me tient aux confins
des ténèbres?
Je tourne parfois sans fin,
comme oublié,
dans le silence de la saison froide.
Tout dérive avec le sang :
le coeur surtout plus noir qu’un poison.
Et je m’étonne d’avoir rêvé,
si près des arbres,
ébloui contre l’amante.
Certes la voix parlait bas,
mais pour mieux pointer sa dague.
Ou chantait désespérément
en brûlant les pierres.
La nuit et la lumière
confondaient leurs pouvoirs.

Fernand Ouellette

Présence

Puissante la lumière mange
l’air du proche horizon,
anime l’érable comme un vitrail
bien nuancé de vert.
L’œil s’exalte, quand
s’accroît l’illumination de ce qui respire.
(La terre est pourtant profonde,
pour les morts
délaissés dans leur croissance.)
Ce matin, pareil à une masse,
rampait le soleil affaibli des jours désolés,
comme s’il buvait un peu à la vasque
du monde :
vaine magnificence, sursaut de célébration,
avant la roue des saisons,
et le silence au ras du sol.

Fernand Ouellette

L’Escalade
À mes petits-enfants.

La lame soudaine,
l’humeur de la mer,
nous esbroufe en moulant
toute lumière. L’apparence
de fin cristal.
Le lin blanc de la Bible.

Ce qui saccage
jamais ne vient par le bleu,
ni par l’horizon volatil,
le remous des oiseaux morts.

L’originel ne cesse
de chavirer.
Les lumineux,
flammes de l’âme,
s’éloignent des affres,
escaladent l’abîme, la gloire
du parfait Amour.

Fernand Ouellette