François Morelli
François Morelli Photo © Robert Etcheverry

Éloge du lauréat

Mot du lauréat

François Morelli - Autoportrait 1974

Les œuvres de François Morelli


Communiqué de presse

Les membres du jury

Né à Montréal en 1953, l’artiste pluridisciplinaire François Morelli a grandi dans le quartier Hochelaga-Maisonneuve. Il fréquente l’école anglophone, parle français à la maison et avec ses amis proches sans jamais apprendre sa langue maternelle qui est l’italien. Son vif intérêt pour l’art est influencé par son père et ses ambitions artistiques de jeunesse en tant qu’apprenti dans l’atelier d’un peintre du Vieux-Montréal suivi de cours à l’École du Meuble qu’il doit renoncer pour aider financièrement sa famille en travaillant. Adolescent, il pratique plusieurs sports, fabrique des albums avec des images tirées de la culture populaire et apprend à dessiner en coloriant et en suivant des leçons de dessin à la télévision. L’Expo 67 transforme son imaginaire et il s’intéresse à la contre-culture nord-américaine et aux mouvements sociaux québécois.

Morelli profite de la création des cégeps pour s’inscrire au Collège Dawson en arts plastique où il explore différentes disciplines incluant la danse, l’écriture, mais surtout les arts visuels. Il poursuit ses études à l’Université Concordia où il obtient son baccalauréat en beaux-arts - concentration dessin - en 1975. Dès lors sa démarche est informée par l’interdisciplinarité, la performativité, le champ élargi de la sculpture et la relation entre l’art et la nature. Ses œuvres sont présentées au Canada dans des expositions collectives dont Art d'après nature; Le nouvel art québécois face à la nature à la Hart House Gallery à Burnaby (CB) en 1981 ou des expositions individuelles incluant Recueillement au Musée d’art de Joliette prenant place en 1980. Son implication en art contemporain se multiplie, participant à la création du centre d’artistes Articule situé à Montréal en 1979/80 et débutant sa carrière de professeur en arts visuels à l’Université du Québec à Chicoutimi à l’hiver 1981 où il enseigne la peinture. Cette institution l’invite la même année à assister l’artiste Michael Snow lors d’un atelier interdisciplinaire estival.

Entre 1981 et 1990, Morelli vit et travaille dans le Grand New York où il complète une maîtrise au Mason Gross School of the Arts, Rutgers University à New Brunswick (New Jersey) en 1983. Son mémoire examine le rituel et l’action symbolique comme forme d’engagement environnemental par le biais d’une approche anthropologique de la performance contemporaine. À cette époque, il se sent davantage concerner par la mobilité et réalise plusieurs projets de marches péripatétiques, d’évènements relationnels et d’installations in situ notamment en Afrique du nord, en Europe et aux États-Unis. En atelier, il intensifie sa recherche sur le dessin et favorise la mixité des dimensions, des matériaux, des techniques et des supports. Le rythme de présentation de ses œuvres est soutenu avec diverses expositions au Québec et aux États-Unis dont The Gift – Not for Arts Sake au Delaware Center for The Contemporary Arts à Wilmington en 1990. Plusieurs opportunités d’enseignement se manifestent à la Rutgers University ainsi qu’à la City University of New York (CUNY) et au State University of New York (SUNY) à Manhattan entre 1983 et 1990.

De retour à Montréal en 1990, Morelli s’établit avec sa famille dans son atelier au cœur du quartier de Sainte-Marie. Il se distingue par une pratique conceptuelle ancrée dans le fait main. Son sujet de prédilection est la condition humaine qu’il approche autant par l’abstraction que la narration, naviguant entre les deux en toute fluidité. Il s’exprime par le dessin, l’estampe, l’installation, la photographie, la sculpture et la performance. Son travail est diffusé autant dans des centres d’artistes, des galeries privées que des institutions muséales. Sa représentation en galerie est assurée à Montréal par Christiane Chassey de 1991 à 2004 et Joyce Yahouda entre 2006 et 2017 ainsi que par la galerie Horodner Romley à New York de 1993 à 1995. Nombreuses expositions de groupe dans des musées mettent de l’avant différentes facettes de son œuvre incluant Le travail qui nous attend lors de la Triennale Québécoise au Musée d’art contemporain de Montréal en 2011, Fait main au Musée national des beaux-arts du Québec en 2018, l’exposition itinérante Power Play: Hockey in Canadian Contemporary Art lancée à la Art Gallery of Windsor (Ontario) en 2019 et Bookworks au University of Kentucky Art Museum à Lexington (KY) en 2021. Parmi ses expositions individuelles récentes, soulignons Morelli au 1700 La Poste à Montréal en 2016-17 et La portée d’un regard. François Morelli : photographies, films et vidéos au Musée régionale de Rimouski en 2019. Parallèlement, Morelli performe des actions, collaborant parfois avec son fils, l’artiste et chercheur Didier Morelli tel que Big Bang lors du festival de performances « Art Nomade » au Le Lobe à Saguenay en 2019.

En plus de sa pratique artistique, Morelli consacre son temps à l’enseignement des arts, d’abord comme professeur à l’Université du Québec à Trois-Rivières entre 1991 et 1996 avant son transfert à l’Université Concordia où il travaille de 1997 à 2019 et cofonde avec Éric Simon le Drawing Lab Design (DLD) en 2011. La faculté des beaux-arts de l’Université Concordia lui remet en 2018 un Distinguished Teaching Award en reconnaissance de sa pratique pédagogique. Depuis sa retraite de l’enseignement en 2019, son intérêt pour la transmission des savoirs et la collaboration se fait hors institution dans le cadre de classes de maître ou d’ateliers comme par exemple François Morelli : Traits d’union, mémoire du corps au Centre des arts actuels Skol en 2018.

À travers le temps, plusieurs bourses de création lui sont octroyées par les gouvernements du Québec, du Canada et des États-Unis. En outre, Morelli séjourne à l’atelier-résidence canadien à la Cité internationale des arts à Paris en 2004 où il développe son projet Home Wall Drawing. L’art de manger, puis se ressource dans les ateliers-résidences québécois à New York en 2011 et à Mumbai en 2015. Il est récipiendaire du prix d'excellence de la Biennale de dessin et d'estampe d'Alma en 1993 et reçoit le Prix Louis Comtois en 2007 remis par la Ville de Montréal en collaboration avec l’Association des galeries d’art contemporain. Ses œuvres se trouvent dans nombreuses collections privées, corporatives et muséales notamment au Canada, en Europe et aux États-Unis.





 
Prix et distinctions
2021 Prix Ozias-Leduc, Fondation Émile-Nelligan
2007 Prix Louis-Comtois, Ville de Montréal
1993 Prix d'excellence de la Biennale de dessin et d'estampe d'Alma