Le prix Émile-Nelligan 2004
Kim Doré

Kim Doré lauréate du prix Émile-Nelligan 2004

Éloge de la lauréate par la présidente du jury Martine Audet

Àlain Farah finaliste

Mélanie Grenier finaliste

Les membres du jury du prix Émile-Nelligan 2004

Les lauréats du prix Émile-Nelligan depuis 1979


Montréal, lundi 30 mai 2005
C'est à Kim Doré, pour son recueil Le rayonnement des corps noirs publié aux éditions Poètes de Brousse, que le jury a décerné le prix Émile-Nelligan 2004.

Martine Audet, présidente du jury, soulignait dans son éloge, « S'ouvrant sur un dialogue dense et envoûtant avec Roland Giguère, Le rayonnement des corps noirs interroge l'ordre sensible du monde. Avec ce qui nous altère, avec ce qui nous excède, la poète y affronte les rafales du sombre et du cœur pour revenir le souffle chargé de quelques magnifiques et fragiles transparences car il y a des survivants n'est-ce pas... et qu'il s'agit de tenir ensemble. Ce mouvement, entre dérives et certitudes, entre anéantissement et désir infini, Kim Doré l'a habilement inscrit à même la forme, usant d'un rythme, parfois ample comme la mer parfois feu ou tourment et d'une parole juste et grave qui nous emportent vers une plus vive conscience de soi et du monde. Il est alors question de poésie, d'espérance, de responsabilité face à la désolation de notre temps, d'amour aussi, de l'essentiel et, ce, jusqu'à la véritable présence : cette hypothèse où nous vivrons. Un recueil empreint d'une belle et courageuse profondeur, d'une très poignante lucidité. »

Au cours de la cérémonie, la Fondation a remis à la jeune lauréate un chèque de 7 500 $ et une médaille à l'effigie du poète Émile Nelligan.

Le jury, également composé de François Charron et Denise Desautels, avait sélectionné deux autres finalistes dont, Àlain Farah pour Quelque chose se détache du port (Le Quartanier) et Mélanie Grenier pour Entre les vertèbres (Les Herbes rouges).

« Quelque chose se détache du port est une audacieuse et quelque peu ironique déconstruction-construction du quotidien qui interroge langage et perception. Avec des légumes, des anecdotes familiales, des réflexions sur la poésie, le métier de poète et la pilosité, Àlain Farah, nous entraîne dans une expérience originale et exaltante où, d'un glissement à l'autre, la matière vive se soulève, aggrave le vertige, mais surtout riposte habilement à l'obscurité. À force de clouer on perce le mystère, écrit le poète passeur et passant. Un livre aussi étonnant que vif et fertile. »

« Entre les vertèbres est un recueil qui nous place derrière le miroir : là où ça file, ça tombe, ça tranche des mains, des têtes et le réel. Portées par cet imaginaire singulier presque féroce qui, en un surprenant contraste, avec la sobriété de l'écriture, la retenue des émotions, résonne du désarroi d'être et de sa violence, les courtes proses du recueil enfoncent désordre, douleur et bruyante solitude jusqu'à la terrible vérité. L'univers poétique, remarquablement maîtrisé, de Mélanie Grenier déroute et fascine, il pointe le désastre. »

Dans son allocution, Michel Dallaire, président de la Fondation, a dit qu'il regrettait la décision du ministère des Relations internationales de ne plus remettre, au lauréat du prix Émile-Nelligan, une bourse voyage pour assister au Marché de la poésie à Paris, mais désireuse de faire connaître les nouvelles voix de la poésie québécoise, la Fondation cherche une solution et espère reprendre cette initiative dès l'an prochain.
Rappelons que depuis 1979, au printemps de chaque année, ce prix de poésie couronne un poète de trente-cinq ans ou moins pour un recueil publié en français au cours de la dernière année et constitue une récompense plus qu'importante pour le poète en pleine émergence.

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Source : Manon Gagnon
téléphone : (514) 278-4657

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