Prix Émile-Nelligan 2015
Commentaires du jury

lus par Louise Dupré, présidente

Rosalie Lessard, lauréate

Avec L'observatoire (Éditions du Noroît), Rosalie Lessard signe un recueil achevé, qui ne fait pas que dessiner un projet, mais l'accomplit en le développant de façon soutenue. Le jury a souligné la maîtrise du vers, la variété des perspectives, la précision des images, toujours subtiles et délicates, ainsi que la voix, construite avec un remarquable sens de l'équilibre. L'observatoire est un livre patient, généreux, et l'on en ressort avec la conviction qu'ouvrir les yeux est chaque fois un événement.

Antoine Dumas, finaliste

Dans Au monde. Inventaire (Les éditions du passage), Antoine Dumas dénombre et décrit, avec sensibilité, ce qui entoure celui qui est « au monde ». Chaque poème se veut un perpétuel recommencement, non pas répétition du même, mais variation ou déplacement produisant un renouvellement constant. Malgré son économie syntaxique, cette exploration se voit soutenue par un rythme contagieux, tenu du début à la fin, qui nous laisse l'impression d’assister à une belle leçon de partage.

Marie-Andrée Gill, finaliste

Dans Frayer (La peuplade), Marie-Andrée Gill fait entendre une voix d'une grande singularité, qui interroge sa généalogie et affronte les obstacles en cherchant à les assumer. Attentif aux contradictions du désir, ce livre témoigne d'une présence intense, en tension entre le personnel et le collectif, le réalisme et le rêve, le prosaïsme et l'invention poétique, la fragilité et la révolte, la douceur et l'insolence, le passé et l'avenir, l'espoir et le non-espoir. Frayer pose des questions très justes sur le monde dont on a hérité.