Marie-Claire Blais
Notes biographiques1
160 Photo © Josée Lambert


Éloge
Allocution
Bibliographie

Née en 1939 à Québec, Marie-Claire Blais domine depuis plus de trente-cinq ans le paysage littéraire de son pays.

Elle publie à l'âge de vingt ans son premier roman, La belle bête, où elle analyse avec une âpre lucidité les ressorts psychologiques d'une haine que voue à un jeune homme beau et simple d'esprit sa sœur qui, au dénouement, le défigure. Cette violence, cette sauvagerie resteront présentes dans à peu près tous ses livres et son théâtre. Mais jamais gratuites ni complaisantes ni exhibitionnistes. Un lyrisme très personnel permet à l'auteure de traverser le miroir des apparences et de révéler les monstruosités cachées. En 2006, cette œuvre sera portée au grand écran.

Aussitôt remarquée, elle reçoit de la Fondation Guggenheim une bourse, à la suggestion du célèbre critique américain Edmund Wilson. C'est aux États-Unis qu'elle écrit Une saison dans la vie d'Emmanuel (Grasset, 1965) qui lui vaut de remporter, toute jeune encore, les prix Médicis et France-Québec en 1966. À partir de là, son œuvre va se déployer à une vitesse surprenante. Plus d'une vingtaine de romans publiés à ce jour en France (Le Seuil, Grasset, Gallimard, Laffont, Belfond) et au Québec, tous traduits en anglais. Six pièces de théâtre. Des recueils de poésie. Des séjours prolongés aux États-Unis, en France et en Chine, notamment. Le prix Belgique-Canada en 1976 pour l'ensemble de son œuvre, le prix Athanase-David en 1982, le prix Prince de Monaco en 2002 et un grand nombre de bourses ont aidé Marie-Claire Blais à s'adonner à une œuvre aussi authentique qu'altière et exigeante. Citons, pêle-mêle, Tête blanche (1980), L'insoumise (1966), David Sterne (1967), Manuscrits de Pauline Archange (1968), Vivre ! Vivre ! (1969), Le sourd dans la ville (1980), Visions d'Anna (1982), Pierre (1986), L'ange de la solitude (1989), Un jardin dans la tempête (1990)… Le premier roman de sa trilogie, Soifs (1995), lauréat du Prix du Gouverneur général en 1996, est paru aux éditions du Boréal, aux éditions du Seuil à Paris et en version anglaise sous le titre These festive nights aux éditions Anansi. Dans la foudre et la lumière (2001), le second de la trilogie, a reçu l'éloge des critiques autant dans sa version originale que dans sa traduction anglaise, Thunder and light (2001). Son plus récent roman, Augustino et le chœur de la destruction (2005), le troisième de la trilogie, a lui aussi reçu l'éloge des critiques et fait partie des œuvres finalistes au prix du Gouverneur général devant être décerné sous peu.

Des enfances solitaires, des innocences bafouées, des foucades et des révoltes, une inusable tendresse, sont évoquées par une romancière qui n'imagine pas de réalisme sans transfiguration ni poésie. Québécoise dans l'âme, Marie-Claire Blais demeure une nomade et une militante convaincue de la francophonie. Une digne héritière de ces " poètes de sept ans " dont Rimbaud rêve l'inaltérable enfance.

Quelques-uns des romans de Marie-Claire Blais ont été adaptés pour le cinéma et la télévision dont Une saison dans la vie d'Emmanuel réalisé par Claude Weisz en 1968 (Prix de la Quinzaine des jeunes réalisateurs), Le sourd dans la ville réalisé par Mireille Dansereau en 1987 (Prix Mostra au Festival de Venise) et L'océan (téléthéâtre) réalisé par Jean Faucher et produit par Radio-Canada en 1971. De plus, la réalisatrice Paule Baillargeon travaille actuellement un projet d'adaptation cinématographique de l'œuvre Visions d'Anna.

Marie-Claire Blais a également scénarisé Le journal en images froides (Radio-Canada) réalisé par James Dormeyer en 1977 et collaboré à la scénarisation du documentaire Tu as crié let me go (ONF) d'Anne-Claire Poirier en 1997.

Elle a participé à de nombreux jurys dont, récemment, le jury pour la catégorie Poésie (Saskatchewan Book awards) et le jury pour le prix Robert-Cliche (Groupe Ville-Marie littérature).

1 Source : Agence Goodwin