Finaliste du prix Émile-Nelligan 2021
Photo © Sylvie Readman

Camille Readman Prud’homme est née à Montréal. Elle a complété une maîtrise en création littéraire à l’Université du Québec à Montréal et poursuit présentement des études doctorales à la New York University. Elle collabore régulièrement avec diverses revues telles que Moebius, Zinc, Estuaire, Captures, Fracas et Tantôt. En 2018, elle a remporté le Prix du public-Moebius pour son texte « Majesté ». En 2021, elle a publié Quand je ne dis rien je pense encore à l’Oie de Cravan, également finaliste au Prix des Libraires.

Commentaires du jury

Quand je ne dis rien je pense encore, L'Oie de Cravan, 2021

Quand je ne dis rien je pense encore

Dans son premier livre au titre programmatique, Camille Redman Prud’homme sort d’elle-même et partage ses observations sur le monde qui défile devant nos yeux avec une minutie extrême. À la manière d’une archiviste de l’intime, elle fait des listes de choses et s’attache à des bribes de conversations, à des scènes de la vie de tous les jours, ainsi qu’à des pensées intimes ou à des souvenirs lointains.

D’un texte à l’autre, l’acuité du regard est saisissante, n’est pas sans rappeler les « tropismes » chers à Nathalie Sarraute. Rien ne lui échappe des mouvements et impressions à l’origine des gestes et des mots qui président aux interactions humaines : « tu es à discuter avec quelqu’un et tu découvres tout à coup que tu parlais au vide, la personne est là mais ce n’est plus qu’un corps. »

Tel le promeneur solitaire baudelairien, Readman Prud’homme inventorie les allers et venues de gens qu’elle a connus, donne à voir et scrute mille et un agissements dans la ville. Vendeurs, chalands et êtres esseulés livrent des vérités insoupçonnées, rapportées dans une syntaxe et une prose éblouissantes, en une suite de tableaux aux tourbillons vertigineux.